Affichage des articles dont le libellé est XVIIIe siècle. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est XVIIIe siècle. Afficher tous les articles

mercredi 28 septembre 2016

Habillage XVIIIe et animation Champs sur Marne

Aujourd'hui, plein de photos pour illustrer la robe que j'ai réalisée pour l'animation, organisée par La Compagnie de l'Histoire et des Arts,"Une journée avec Madame de Pompadour" au château de Champs-sur-Marne, et  ladite animation...
La journée se passait en 1758 et j'incarnais la marquise. Je me suis prêtée à une séance d'habillage et déshabillage, ainsi qu'à un atelier sur les cosmétiques.
La robe est en taffetas de soie chiné, c'est une robe dite à la française (parce qu'à l'époque, cela s'appelait juste une robe, ou plus exactement un manteau de robe et une jupe).
Elle est assez peu ornée, à la fois par manque de temps puisque tout à été fait à la main, mais également car le tissu offre lui-même un aspect très décoratif. Je suis coiffée avec mes vrais cheveux, en petit bichon ou tête de mouton, avec pommade et poudre de jasmin.

Les photos:

Madame de Pompadour attend pour s'habiller. Comme à l'époque, différentes personnes en profitent pour faire "leur cour": on reconnait notamment le cardinal de Bernis, son grand ami.

Le tailleur apporte la robe confectionnée par son épouse, couturière, qui n'a pu se déplacer à cause des fortes chaleurs. Les paniers sont déjà enfilés sur la chemise et le corps baleiné. Madame de Pompadour est déjà coiffée afin de ne pas souiller la robe.

Madame de Pompadour est habillée par les différentes femmes de son entourage. Sur les paniers, un jupon en toile gommée, un peu raide.

Le jupon, comme la jupe s'attache par des liens sur les côtés.

La jupe, du même tissu que le manteau de robe ici, fonctionne exactement comme le jupon.

On fixe ensuite la pièce d'estomac sur le corps baleiné pour le cacher. Il aurait également pu être visible. Il s'épingle grâce à de petits liens.

La jupe présente différents volants et ruchés ornementaux, uniquement sur le devant. Par mesure d'économie, le haut du dos de la jupe pourrait aussi être en étoffe moins coûteuse.

Présentation de l'intérieur du manteau de robe, avec les liens de serrage sous les plis du dos, permettant d'ajuster le manteau.


Enfilage du manteau de robe, les deux bras en arrière et en même temps.


Epinglage du manteau de robe sur le corps baleiné, sous les revers du manteau.

Ajout de fleurs au décolleté.


Les mêmes fleurs sur la coiffure.

Madame de Pompadour est prête! 








Explications sur les cosmétiques: ici deux sortes de rouges liquides (gras et astringent).

Application du rouge au pinceau: attention, ça tache énormément!

Petite pause au jardin, vous reconnaîtrez ma première robe à la française à droite, portée par la douce Marine, notre cantatrice!

Lectures de Zadig de Voltaire, autre proche de Madame de Pompadour.


Rencontre avec le chevalier d'Eon, agent secret de sa Majesté Louis XV.



Vue du dos, après un petit coup de vent qui m'a bien décoiffée!

Madame de Pompadour s'en retourne se changer.

La pauvre demoiselle de compagnie a des difficultés pour retirer les chaussures!

On enlève les épingles du manteau de robe.

Les épingles sont fixées sous les revers.



Jupe et jupon sont enfilés par la tête mais retirés par les pieds: tout est parti en même temps!

Les photographes ont en général labellisé leurs photos, mais parmi eux: Luc Morel, Alain Warnier, Yeux Noirs, C. Duchemin, Martine Vaast, Martine Mangeon Fichter...
Habilleuse principale: Carmen Nguyen Cenalmor d'Esaikha création.

dimanche 19 juin 2016

Grand habit de cour Louis XV, les photos

 Après l'article sur la réalisation, quelques photos en action et in situ!


La Galerie des glaces est bien pratique car elle permet de faire des photos face et dos! 

Habit paré masculin 1780-90 et grand habit de cour féminin 1745-55.

 
Hop, deux portraits qui permettent de mieux voir les bijoux: boucles d'oreille girandoles, nœuds en strass et roses fraîches (photo Thierry Liard à gauche).

Dépliage de la traîne de plus de trois mètres... (photo Thierry Liard)






Hop, un portrait en pied, fin de soirée!

lundi 6 juin 2016

Grand habit de cour Louis XV: la technique

Ca y est, les Fêtes Galantes sont déjà passées! J'ai réussi à terminer mon grand habit de cour juste à temps. Il y a quelques petits détails qu'il faut que je revoie mais grosso-modo, je suis assez contente du résultat.


Patron: corps de robe XVIIe de chez Nehelenia Pattern, revu un peu à ma sauce (décolleté, mancherons)
Techniques: autant que possible d'époque, assemblage et couture à la main, sauf les casiers des baleines piqués à la machine et les très grandes longueurs de la jupe et de la queue; les ourlet sont faits à la main.
Fournitures: un mélange coton lamé argent. Toile de coton forte triplée en coton gratté. Décor de dentelle ancienne et métalliques, ganse et pompons anciens métalliques. Baleines en rotin.

Une partie des fournitures et un premier test de baleinage en rotin.

Temps de réalisation: heu... je suis nulle à ce jeu là: dois-compter juste la couture ou les recherches également?
Poids: le grand corps pèse son petit poids à cause du baleinage complet en rotin.

Mon avis sur le baleinage en rotin: C'est la première fois que je l'utilise. Si j'ai eu un peu de mal à introduire mes baleines (j'avais fait des tunnels un peu petits!) au final, c'est effectivement très confortable à porter, même si je l'avais beaucoup serré. Le rotin fait que cela est très respirant et se moule au corps à la chaleur, même si je trouve que cela le fait moins qu'avec des baleines en plastique. C'est assez étonnant, j'ai trouvé que cela corsettait plus mais plus agréablement! En même temps, ayant des problèmes de dos, un corps baleiné me soutient bien lorsqu'il est bien taillé et que je l'ai bien mis.

 Procédé:

Je me suis basée le plus possible sur les instructions donnée dans l'Art du Tailleur publié par Garsault.
Le grand corps est monté selon les techniques de l'époque.


Il est composé de deux épaisseurs de toile forte, contenant un double baleinage en rotin. J'ai repassé à la vapeur chaque baleine déjà découpée afin de les aplatir et de légèrement des humidifier. J'ai passé dessus un bloc de cire d'abeille alors qu'elles étaient encore chaudes afin de les imperméabiliser et d'emprisonner dedans une très légère humidité. Après léger refroidissement, j'ai inséré les baleines dans les casiers. Le fait qu'elles étaient encore tièdes et donc souples a éviter d'avoir trop de casse. Les tunnels ont été piqués à la machine pour un gain de temps (c'est la seule concession moderne que je me suis octroyée). Contrairement à ce que j'avais annoncé, le grand corps est en fait entièrement baleiné. Mes baleines ayant un ôté plat, j'en ai même mis deux dans un casier sur deux, afin d'être certaine que cela ne casse pas!

Chaque pièce est baleinée et recouverte de coton (pas encore ici) avant d'être assemblées ensemble au point de bourdon.


J'ai ensuite recouvert chaque pièce d'un coton gratté doux et un peu pelucheux pour atténuer les traces des tunnels. J'ai terminé chaque pièce du grand corps séparément. Les basques sont doublées en cuir fin afin d'éviter le percement des baleines et de limiter les frottement douloureux sur les hanches.


Les basques doublées de cuir vues de l'extérieur et de l'intérieur; après la triplure en coton gratté et la pose du tissu extérieur sur celles-ci.

La pièce du devant est renforcée par trois baleines de dressage horizontales qui donne un forme arrondie au devant, et un busc en bois pour lui donner encore plus de rigidité et un devant bien plat.

La pièce de devant tient toute seule grâce au baleinage! :-)


Ensuite, j'ai assemblé chaque pièce au point de bourdon. Enfin, j'ai recouvert de mon tissu (un mélange de lamé et de coton trouvé chez Temps d'Elegance), en forme sur le mannequin afin de ne pas avoir trop de plis entre le passage du plat aux trois-dimensions.

Premier essai!

J'ai fait mes œillets à la main, sous une patte, avant le montage des pièces et de recouvrir de mon tissu.

J'ai recouvert le corps sur le mannequin: vive l'aiguille courbe!

Le grand corps est orné de petites manches dites mancherons dont la forme m'a été inspirée par le corsage de cour de Marie-Antoinette actuellement exposé au Musée Galliera. S'y rattachent des manches en mousseline de coton ornées de six rangs de dentelle amidonnée de plus de 10m de long. Les dentelles ont été cousues aux manches de voile de coton à plat, avant d'être elles-mêmes cousues au grand corps.
Un mancheron.
Pose du mancheron au point de bourdon et manche complète fermée par un ruban de taffetas, comme on le voit sur les portrait à la saignée du coude.

Les coutures du devant sont décorées d'un galon doré, de dentelle plissée dorée en coquille et d'une dentelle ancienne à l'encolure.



Une ganse souligne la taille pour des raisons techniques: elle sert en fait à soutenir la queue qui s'y agrafe.
La ganse posée au niveau de la taille.

Le grand corps a également deux agrafes au dos, afin de plaquer la jupe pour qu'elle ne remonte pas trop haut.

Deuxième essai!


Ma jupe est un grand rectangle classique.

La traîne a été faite selon les cotes exactes et le patron donné par Garsault pour une "taille ordinaire"de 2.5 aunes, c'est à dire plus de trois mètres!
J'avais prévu un retrousse-traine avec ganse et pompon comme il l'indique mais je ne l'avais pas placé comme mentionné, de façon délibérée car je n'avais pas compris comment il pouvait être efficace. J'ai depuis compris en regardant une gravure et je vais rectifier cela pour la prochaine fois!

Les photos portés dans l'article suivant! :-)