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dimanche 19 juin 2016

Grand habit de cour Louis XV, les photos

 Après l'article sur la réalisation, quelques photos en action et in situ!


La Galerie des glaces est bien pratique car elle permet de faire des photos face et dos! 

Habit paré masculin 1780-90 et grand habit de cour féminin 1745-55.

 
Hop, deux portraits qui permettent de mieux voir les bijoux: boucles d'oreille girandoles, nœuds en strass et roses fraîches (photo Thierry Liard à gauche).

Dépliage de la traîne de plus de trois mètres... (photo Thierry Liard)






Hop, un portrait en pied, fin de soirée!

lundi 6 juin 2016

Grand habit de cour Louis XV: la technique

Ca y est, les Fêtes Galantes sont déjà passées! J'ai réussi à terminer mon grand habit de cour juste à temps. Il y a quelques petits détails qu'il faut que je revoie mais grosso-modo, je suis assez contente du résultat.


Patron: corps de robe XVIIe de chez Nehelenia Pattern, revu un peu à ma sauce (décolleté, mancherons)
Techniques: autant que possible d'époque, assemblage et couture à la main, sauf les casiers des baleines piqués à la machine et les très grandes longueurs de la jupe et de la queue; les ourlet sont faits à la main.
Fournitures: un mélange coton lamé argent. Toile de coton forte triplée en coton gratté. Décor de dentelle ancienne et métalliques, ganse et pompons anciens métalliques. Baleines en rotin.

Une partie des fournitures et un premier test de baleinage en rotin.

Temps de réalisation: heu... je suis nulle à ce jeu là: dois-compter juste la couture ou les recherches également?
Poids: le grand corps pèse son petit poids à cause du baleinage complet en rotin.

Mon avis sur le baleinage en rotin: C'est la première fois que je l'utilise. Si j'ai eu un peu de mal à introduire mes baleines (j'avais fait des tunnels un peu petits!) au final, c'est effectivement très confortable à porter, même si je l'avais beaucoup serré. Le rotin fait que cela est très respirant et se moule au corps à la chaleur, même si je trouve que cela le fait moins qu'avec des baleines en plastique. C'est assez étonnant, j'ai trouvé que cela corsettait plus mais plus agréablement! En même temps, ayant des problèmes de dos, un corps baleiné me soutient bien lorsqu'il est bien taillé et que je l'ai bien mis.

 Procédé:

Je me suis basée le plus possible sur les instructions donnée dans l'Art du Tailleur publié par Garsault.
Le grand corps est monté selon les techniques de l'époque.


Il est composé de deux épaisseurs de toile forte, contenant un double baleinage en rotin. J'ai repassé à la vapeur chaque baleine déjà découpée afin de les aplatir et de légèrement des humidifier. J'ai passé dessus un bloc de cire d'abeille alors qu'elles étaient encore chaudes afin de les imperméabiliser et d'emprisonner dedans une très légère humidité. Après léger refroidissement, j'ai inséré les baleines dans les casiers. Le fait qu'elles étaient encore tièdes et donc souples a éviter d'avoir trop de casse. Les tunnels ont été piqués à la machine pour un gain de temps (c'est la seule concession moderne que je me suis octroyée). Contrairement à ce que j'avais annoncé, le grand corps est en fait entièrement baleiné. Mes baleines ayant un ôté plat, j'en ai même mis deux dans un casier sur deux, afin d'être certaine que cela ne casse pas!

Chaque pièce est baleinée et recouverte de coton (pas encore ici) avant d'être assemblées ensemble au point de bourdon.


J'ai ensuite recouvert chaque pièce d'un coton gratté doux et un peu pelucheux pour atténuer les traces des tunnels. J'ai terminé chaque pièce du grand corps séparément. Les basques sont doublées en cuir fin afin d'éviter le percement des baleines et de limiter les frottement douloureux sur les hanches.


Les basques doublées de cuir vues de l'extérieur et de l'intérieur; après la triplure en coton gratté et la pose du tissu extérieur sur celles-ci.

La pièce du devant est renforcée par trois baleines de dressage horizontales qui donne un forme arrondie au devant, et un busc en bois pour lui donner encore plus de rigidité et un devant bien plat.

La pièce de devant tient toute seule grâce au baleinage! :-)


Ensuite, j'ai assemblé chaque pièce au point de bourdon. Enfin, j'ai recouvert de mon tissu (un mélange de lamé et de coton trouvé chez Temps d'Elegance), en forme sur le mannequin afin de ne pas avoir trop de plis entre le passage du plat aux trois-dimensions.

Premier essai!

J'ai fait mes œillets à la main, sous une patte, avant le montage des pièces et de recouvrir de mon tissu.

J'ai recouvert le corps sur le mannequin: vive l'aiguille courbe!

Le grand corps est orné de petites manches dites mancherons dont la forme m'a été inspirée par le corsage de cour de Marie-Antoinette actuellement exposé au Musée Galliera. S'y rattachent des manches en mousseline de coton ornées de six rangs de dentelle amidonnée de plus de 10m de long. Les dentelles ont été cousues aux manches de voile de coton à plat, avant d'être elles-mêmes cousues au grand corps.
Un mancheron.
Pose du mancheron au point de bourdon et manche complète fermée par un ruban de taffetas, comme on le voit sur les portrait à la saignée du coude.

Les coutures du devant sont décorées d'un galon doré, de dentelle plissée dorée en coquille et d'une dentelle ancienne à l'encolure.



Une ganse souligne la taille pour des raisons techniques: elle sert en fait à soutenir la queue qui s'y agrafe.
La ganse posée au niveau de la taille.

Le grand corps a également deux agrafes au dos, afin de plaquer la jupe pour qu'elle ne remonte pas trop haut.

Deuxième essai!


Ma jupe est un grand rectangle classique.

La traîne a été faite selon les cotes exactes et le patron donné par Garsault pour une "taille ordinaire"de 2.5 aunes, c'est à dire plus de trois mètres!
J'avais prévu un retrousse-traine avec ganse et pompon comme il l'indique mais je ne l'avais pas placé comme mentionné, de façon délibérée car je n'avais pas compris comment il pouvait être efficace. J'ai depuis compris en regardant une gravure et je vais rectifier cela pour la prochaine fois!

Les photos portés dans l'article suivant! :-)



lundi 28 mars 2016

Les paniers du grand habit de cour

Suite de mon exploration du grand habit de cour. Temps d’Elégance vous a proposé un tutoriel pour réaliser vos paniers, je vais d'abord un peu vous parler des formes avant de vous parler du choix de ma réalisation.
Il s’agit bien entendu de grandes lignes.
Nous avons vu que le grand habit est une sorte de fossilisation de la robe de cour née sous Louis XIV, la seule concession vraiment visible à la mode du temps est l’ampleur des paniers.
Au début du XVIIIe siècle, la forme de la jupe reste assez ronde.

Deux portraits de Marie Leczinska: 1730 et 1747
 On passe d'une forme de petite cloche dans les années 1730 à une forme aplatie sur le devant et au dos et plus élargie sur les hanches dans les années 1740.

1754-1764: Madame Adélaïde à la viole (Nattier ) et Marie Josèphe (Nivelon)
Dans les années 1750-60, les formes restent grosso-modo les mêmes en France.

La taille la plus large est atteinte dans les années 1770-80.

1778 et 1781: deux portrait de Marie Antoinette par Vigée Lebrun.

Le grand panier du couronnement de la reine Louise Ulrique (reine de Suède en 1751) a été conservé, ce qui nous donne une idée de la façon dont ils étaient faits. Portés par une personne royale lors d'un événement on ne peut plus officiel, les grands paniers qui ont été ici conservés sont extrêmement larges.
Celui-ci a une forme particulièrement carrée.

Grand panier de la robe du couronnement de la Reine Lovisa Ulrika, 1751.

Après avoir rassemblé mon iconographie, je me demande si de tels paniers si carrés ont été portés en France, à part éventuellement ceux des années 1770. La forme des paniers portés à la cour de France semblent plus arrondie, même sur les paniers très larges des années 1770-80.

1760, L'Archiduchesse Maria Johanna Gabriella d'Autriche, 1762-64, L'Impératrice Catherine II de Russie, années 1770, portrait d'une archiduchesse d'Autriche. Des formes très parallélépipédiques (!).
1749, Isabelle de Bourbon, Infante de Parme (bon, mauvais exemple car élevée à la cour d'Espagne mais sa mère est française), 1747, Dredou, Marie Josèphe de Saxe, dauphine de France et 1781, une dame du palais de la reine en grand paniers. Les forme sont beaucoup plus arrondies et même sur celui de 1781, cela me semble moins "carré".



M'étant fixée sur les années 1745-55, le "trop carré" était à moins avis à éviter. Sur ce détail de gravure de Cochin  représentant la cérémonie de mariage du Dauphin de France (1745), la forme des paniers est bien visible: plutôt arrondie sur les hanches, elle s'élargie en partie basse.



Il existe bien des patrons de grand panier de ce type, mais j'avoue avoir voulu triché pour plusieurs raisons et lui  avoir préféré un modèle de panier-poches: la maniabilité (notamment en voiture!) et la possibilité de fourrer plein de bazar dans les paniers-poches, ce qui peut s'avérer bien pratique.

Je suis donc repartie du modèle de panier-poches mais en modifiant un peu les mesures. Au lieu de faire toutes les baleines de la même taille ( 80 cm), j'ai diminué celle-ci en remontant. Ainsi mes baleines mesurent respectivement 70, 75 et 80 cm de haut en bas.


J'ai ainsi obtenu une forme plus élargie en bas. Voici ce que cela donne avec un jupon. Je n'obtient évidement pas une forme aussi réussie que si j'avais opté pour le patron de grand panier, mais je m'en contenterai.

Les nouveaux "grands paniers poches" présentés avec le corps baleiné que j'ai fait (et pas encore présenté!). PS: mon assistante s'est cachée sur la dernière photo! (désolée pour le photoshopage crado)
Prochaine étape, le grand corps!

dimanche 13 mars 2016

Essai de typologie des costumes de cour féminins au XVIIIe siècle

(Attention, article au kilomètre!)

Voici une petite fiche récapitulative de quelques types de robes de cour portés au XVIIIe. C'est bien entendu très réducteur puisque l'exercice du jeu était d'essayer de dégager de grandes lignes directrices pour essayer de s'y retrouver un peu...

Les chiffres renvoient aux illustrations plus bas.
Pays
Nom
Dates
Composition
Tissus
France
1.       Grand habit (de cour à la française)
Tout le XVIIIe siècle
Grand corps baleiné à épaulettes posées horizontalement sur l'épaule, jupe portée sur grands paniers (surtout dans les années 1740-60), queue (traîne), manches ornées de « petits bonhommes”. Le port du corset (de même coupe que le grand corps mais moins baleiné) est accepté lors des relevailles ou si la personne est plus faible physiquement, mais doit être porté avec une pèlerine.
Je pense me pencher sur les accessoires dans un article particulier.

Brocard, lamé d’or ou d’argent, velours orné de fourrure pour l’hiver, taffetas brodé d’or et d’argent.
Le grand habit porté lors de la présentation à la cour est noir orné d’or (dentelle, réseau, etc). Normalement, grand corps, jupe et queue sont de même étoffe et même couleur.  Dans les années 1780, les mariages sont autorisés, ainsi que les superpositions d’étoffes pour garnir la jupe et la queue.
Les décorations sont essentiellement des broderies et dentelles (métalliques ou pas), des joyaux.
Les grands ramages colorés et métalliques sont remplacés par des étoffes plus légères, unies ou à petites rayures et petits motifs sous le règne de Louis XVI.

France
2.       Robe à la Française
Acceptée à partir du dernier tiers du XVIIIe siècle (les années 1770)
Sur un corps baleiné et grands paniers. Très ornée (ont dit « parée » à l’époque), les plis du dos se font moins larges à partit des années 1780, les plis sur les hanches ne sont plus de grands plis plats mais des fronces.
Portée avec une pièce d'estomac épinglée sur le devant ou des compères (corsage boutonné ou épinglé directement devant).
Elle est très ornée, "parée".
Tissus plus légers que le brocard : satin de soie en particulier, pékin de soie façonné, gros, taffetas.
Malheureusement, ces tissus sont difficiles à trouver aujourd’hui ou très cher. Le satin peut très bien faire l’affaire.
Décors de dentelle, ruchés, broderies, gaze, blonde, paillettes et sequins. Beaucoup plus de « fanfreluches » dans la décoration à la fin du siècle.
Les couleurs ne sont pas obligatoirement les mêmes pour jupe et manteau.
Angleterre
       3.  Mantua
Tout le XVIIIe
La mantua dérive du manteau de robe né sous Louis XIV (également appelé mantua en anglais) : sur corps baleiné et grands paniers qui deviennent particulièrement importants dans les années 1740 et demeurent jusqu’à la fin du siècle. Ils ont une forme très carrée (beaucoup plus qu’en France). Le manteau de robe est d’un seul tenant et forme des plis au dos, qui sont cousus sur toute la hauteur du dos. Des petits retroussis sur les côté au dos (cf photos). Manches intégrées au manteau de robe avec manches en raquettes ou engageantes.
Pièce d’estomac rapportée épinglée sur le corps baleiné.

Brocard, lamé d’or ou d’argent, velours orné de fourrure pour l’hiver, taffetas brodé d’or et d’argent. La fin du siècle privilégie également des étoffes un peu moins lourdes que les brocards (satins, taffetas).
Manteau et jupe sont de même étoffe.
Russie
4.       Robe de cour russe
1780-1800
Corps baleiné ou corset, paniers/cul, jupe et manteau de robe « à la turque » (c’est-à-dire d’un seul tenant des épaules au bas de l’ourlet, sans couture à la taille et dont le devant est coupé en biais) à petites manches (mancherons) laissant passer les manches longues de la soubreveste, des bretelles partant du dos des épaules se croisent et se nouent devant en ceinture. Motifs du manteau souvent rayés et ornés de franges.
Toute étoffe de soie (satin, velours, façonné), les lamés d’or ou d’argent.
Le motif rayé est particulièrement apprécié.
Décoration de franges très fréquentes (au bord des mancherons et sur la coupe en biais du manteau). Décoration de dentelle à l’encolure et au bout des manches.
Le manteau peut être dans une étoffe différente du grand corps et de la jupe.
Suède
5.       Costume de cour suédois
1778- elle est encore portée au XXe siècle, mais la forme a été adapatée
L’idée était d’adapter un costume plus adapté au climat. L’inspiration se veut Renaissance française, de l’époque d’Henri IV (n’oublions pas que Louis XVI était comparé au nouvel Henri IV lors de son couronnement et que l’époque était très à la mode).
La coupe s’apparente à une robe à la polonaise.
Pour avoir plus de détails, je vous conseille d’aller voir le blog d’Elisa Isis’s wardrobe
Le blog de Caroline Anno 1776
Des images ici

Les tissus utilisés semblent avoir été fait de satin de soie, de façonnés, de taffetas. Le noir était utilisé pour les événements quotidien, sorte de « petit habit de cour », associé avec une autre couleur en fonction de la personne à laquelle était attachée la femme qui portait la tenue (rouge pour le roi, bleu pour la reine, jaune pour la douairière, il semble également que le rose se portrait).
A l’origine la version de gala était rouge vif avec les accessoires blancs mais au final, elle devint blanche avec décors bleus ciel (et l’inverse pour les hommes !). Il n’existe pas de témoignage visuel de cette version (peinture, robe).
Il existe une troisième version pour la campagne jaune avec décors bleus.
Théoriquement, il semble que toutes les couleurs étaient permises mais seules de versions noires, bleues et grises sont attestés.


Les illustrations (cliquez dessus pour agrandir!)
1. Le grand habit à la française:


Années 1730, Stiemart, La Reine Marie Leczinska; 1751, Nattier, Marie Josèphe de Saxe, dauphine de France; 1758, Nattier, Madame Adélaïde tenant une partition; Années 1760 Meytens, Marie Amélie de Habsbourg Lorraine.

Des brocards colorés, réhaussés d'or et d'argent, les paniers s'élargissent dans les années 1740 (je vais y revenir dans un article spécial), les têtes sont petites et poudrées, décorées de brillants, perles, fleurs et aigrettes. Les devants de corsage sont décorés de broderies ou de bijoux (devants de corsage).


Garde robe de la reine Marie Leczinska, printemps 1735.

Garde robe de la reine Marie Leczinska, 1736

Garde robe de la reine Marie Leczinska, 1736

1770 Ducreux, La dauphine Marie Antoinette; 1775, Dagoty, La Reine Marie Antoinette; 1775, Drouais, la comtesse d'Artois; années 1770, la Reine Marie Antoinette
Dans les années 1770, la coiffure monte en hauteur, les décorations deviennent plus nombreuses mais en même temps de matières plus légères (gaze, mousseline, etc.). Les paniers restent extrêmement larges. Les coiffures sont ornées de hautes plumes d'autruche.


Années 1780: la reine Marie Antoinette, Maria Amalia de Habsbourg Lorraine, Frédérique Sophie de Prusse, Marie Antoinette.

Charles-Germain de Saint-Aubin, dame en robe de cour de présentation, avec panier garnie en échelle de Jacob. ©Photo Les Arts Décoratifs, Paris Tous droits réservés


Les robes restent grosso-modo les mêmes, les coiffures s'abaissent.

Echantillon de broderie de grand habit, vers 1780, Victoria & Albert Museum, 

1782 Gazette des Atours de Marie Antoinette: les échantillons pour grands habits

1784 Gazette des Atours de Marie Antoinette: les échantillons pour grands habits

1792 Gazette des Atours de Madame Elisabeth: les échantillons pour grands habits
1792 Gazette des Atours de Madame Elisabeth: les échantillons pour grands habits


2. La robe à la française parée ou de cour (les illustrations suivantes ne présentent que des robes portées en France)

1783 La Gallerie des Modes: deux robes à la françaises portées à la cour pendant le voyage de Fontainebleau
Charles-Germain de Saint-Aubin: dame en habit de cour 1785. ©Photo Les Arts Décoratifs, on dirait un peu ma robe parée, non?
 Deux portraits de Madame Adélaïde (par Labille Guiard en 1787 et Hensius en 1788)

Robe de cour à la française, 1778, Les Arts décoratifs (bientôt  à l'exposition Fashion Forward)

Robe à la française parée, le torse est bizarrement mannequinné mais notez les très petits plis du dos. Années 1780.

1780, deux robes de cour à la française très similaires (Kyoto costume Institute à gauche et musée Galliera à droite, elle est en satin de soie cerise).
Pour les motifs des tissus, je vous renvoie à l'article de Temps d'Elégance sur le choix des tissus par décennie.

3. Les mantuas, robes de cour au Royaume Uni.


Date de tissage: 1734-35 (Spitafields, Angleterre), date de confection: 1735-40, soie brochée, Victoria and Albert Museum. Mantua portée sur paniers ronds. La photo de droite montre que la robe ne devait pas être doublée et la façon dont est formée des "petites ailes" qui forment la queue (traîne).


1740-45, soie brodée de fils colorés et métalliques, Victoria and Albert Museum.La queue du manteau est ici très étroite. Les paniers sont devenus très larges et rectilignes.



1751-53, mantua portée par Ann Fanshawe, la fille de Crisp
Gascoyne qui devint Lord Mayor de la ville de Londres en  1753. Museum of London.

1753-55 (tissage), 1755-60 ( confection), mantua en soie tissée de fils métalliques. Victoria and Albert Museum.


1748-50 (tissage), 1760-70 (confection), mantua de soie brochée décorée de "sourcils de hannetons". Sa forme est typique des années 1760. Victoria and Albert Museum.

4. Robe de cour russe 1780-90
Début des années 1790, les filles du tsarévitch Paul Pétrovitch.

Milieu des années 1790, les grandes duchesses Alexandra et Eléna Pavlovna.
Si vous voulez plus d'informations, je vous renvoie vers l'article que j'ai écrit sur Temps d'Elégance.

5. Le costume national suédois

Robe nationale de cour suédoise, porté le 1er janvier 1780 par Sofia Lovisa Brüch (d'après ce que j'ai compris!), Nordiska Museet.

Gravures de costume national suédois de 1778 par Jacob Gillberg. Nordiska Museet.


Voilà, ce n'est qu'un survol très rapide, bien évidemment à nuancer et à approfondir. J'espère qu'il vous donnera quelques clefs visuelles pour aborder plus facilement de costume de cour féminin du XVIIIe siècle.

Bibliographie supplémentaire:
Fastes de cour et cérémonies royales, catalogue d'exposition, éditions RMN, 2009
Se vêtir à la cour en Europe, actes du colloque, 2011. Disponible ici gratuitement.
Pour paraître à la cour : les habits de Marie-Fortunée d’Este, princesse de Conti (1731-1803)  par Aurélie Chatenet-Calyste

N'hésitez pas à commenter et à partager, en citant l'origine de l'article. :-)