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jeudi 4 février 2016

Les cosmétiques: le rouge





Je poursuis mon exploration des fards anciens avec la matière colorante en rouge. Voici une synthèse des livres de recettes d'époque que j'ai lus, ainsi que du très bon ouvrage de Catherine Lanoë, La Poudre et le fard.

  • Mes sources (toutes consultables en ligne):


Bourgeois, Louise. Recueil des secrets... auquel sont contenues ses plus rares experiences pour diverses maladies, principalement des femmes, avec leurs embellissemens Paris : Jean Dehoury, 1653.

Blégny, Nicolas de. Secrets concernant la beauté et la santé. Paris : Laurent d'Houry et Veuve de Denis Nion, 1688. Tome 1 et Tome 2 (1689)

Buc'hoz, Pierre-Joseph. Toilette de flore ou essai sur les plantes et les fleurs qui peuvent servir d'ornement aux dames -- contenant les différentes manières de préparer les Essences, Pommades, Rouges, Poudres, Fards et Eaux de Senteurs auquel on a ajouté différentes Recettes, pour enlever toutes sortes de Taches sur le linge, Paris : Valade, 1771.

Fargeon , D. J.. L'Art du parfumeur, ou Traité complet de la préparation des parfums, cosmétiques, pommades, pastilles, odeurs, huiles antiques, essences, bains aromatiques et des gants de senteur, etc. Contenant plusieurs secrets nouveaux pour embellir et conserver le teint des dames, effacer les taches et les rides du visage et teindre les cheveux. Ouvrage faisant suite à la Chimie du goût et de l'odorat Paris : Delalain fils, 1801.

Caron, Auguste. Toilette des dames, ou Encyclopédie de la beauté; contenant des réflexions sur la nature de la beauté ; sur les causes physiques et morales qui l'altèrent ; sur les moyens de la conserver jusqu'à un âge avancé ; sur ce qui la constitue chez nous, et sur les soins à donner à chaque partie du corps un aperçu historique des modes françaises, et des conseils sur la toilette Paris : Debray, 1806.

A noter que Fargeon a été le parfumeur de Marie Antoinette.

Il est très intéressant de remarquer pour débuter la permanence des recettes des rouges à travers ces recueils.  J'en ai compté sept dont certaines avec des différences très minimes.

  • Les formes:
Le rouge, qui sert à la fois pour les joues et éventuellement les lèvres, peut prendre plusieurs formes: grasse avec les pommades (en baume comme on dirait aujourd'hui), en poudre, liquide (souvent astringent) ou sous forme de crépons ou ruban que l'on trempait dans de l'eau de vie ou du vinaigre pour dissoudre la teinture que l'on frottait ensuite sur les joues.
Les recettes évoquent d'ailleurs plutôt des rouges à teinter les joues que les lèvres. Les recettes explicites de rouge sont directement liées aux joues. Les pommades pour les lèvres sont beaucoup plus rarement teintées de rouge. D'ailleurs, les pommades sont de façon générale "bonnes à tout faire": lèvres, mains, tétons, dartres, en résumé, toute zone sèche!
Jean Basptiste Greuze, Portrait de Madame de Courcelles à sa toilette, 1765. Détail du pot de rouge.

John Raphael Smith, Jeune femme s'appliquant du rouge, 1783, Brittish Museum, détail.

Boucher, Madame de Pompadour s'appliquant du rouge, Fogg art museum

  • La technique:
Il existe plusieurs façons d'extraire la matière colorante. Souvent, les préparations sont filtrées, mais parfois, la matière tinctoriale reste dans le produit fini. D'après mes lectures, les préparations filtrées sont celles à base d'orcanette, tandis que les préparations qui ne le sont pas sont à base de bois de santal rouge ou du Brésil.



  • Les ingrédients rouges:

Devant la poussée des hygiénistes et de certains médecins, les rouges à base de minéraux tendent à disparaître sur la fin du XVIIIe siècle. Chaque fabricant-vendeur doit pouvoir justifier de l’innocuité de ses produits, et en particulier du fait qu'il ne contient pas de minéraux. Si le cinabre, le plomb et le mercure (pour produire les blancs) sont effectivement dangereux, tous les minéraux n'étaient pas forcément toxiques (mica, oxydes et ocres). Toutefois, ils ne semblaient pas être utilisés pour obtenir des rouges au XVIIIe. La volonté de limiter les effets dangereux est toutefois très intéressante car dans mes recherches, je me suis rendue compte que l'orcanette était très utilisée au XVIIIe siècle, et également aujourd'hui dans les produits de maquillage biologiques américains, alors que pas du tout en France. En fait, l'orcanette est inscrite sur la liste II de la pharmacopée Française, c'est à dire que ces désavantages sont plus importants que ses bénéfices. Cependant, c'est à nuancer car il s'agit de cas d'ingestion et pas d'application sur la peau. Le Laboratoire Nuxe a d'ailleurs breveté il n'y a pas longtemps des crèmes de beauté à l'orcanette!

Il est intéressant de noter que dans les manuels de recette, la couleur rouge rouge est obtenue à partir d'un petit nombre seulement de matières tinctoriale. On retrouve:

  • Les végétaux: l’écorce de racine d'orcanette (alkanna tinctoria), le raisin noir, la poudre de bois de Santal (qui sent très bon!), la poudre de bois du Brésil (dit pernambouc)
  • Les animaux: le carmin (issu de la cochenille, petit insecte parasite)

L'orcanette, jolie fleur bleue qui donne du rouge (enfin, sa racine!); le bois du Brésil sec et en tronc; une cochenille écrasée sur un doigt(!), du bois de Santal.

Ne semblaient pas utilisés des rouges par ailleurs connus et usités pour d'autres produits (la garance notamment) D'autres éléments assez évidents comme le coquelicot, la betterave, le chou rouge, les fruits rouges ne semblent pas avoir été utilisés, mais rien ne nous dit que les femmes ne les utilisaient pas avec des recettes "minutes" maison!
Je ne sais pas si cela était par défaut technique (impossibilité d'extrait le rouge).

Les teintes obtenues vont du rouge violine, au rouge vif et au rose, voire oranger pour le bois de Santal (mais rarement utilisé seul dans les recettes). Les matières (enfin, celles que j'ai obtenues!) sont rarement très opaques comme peuvent l'être un rouge à lèvres aujourd'hui, en particulier pour les versions grasses. Les versions liquides astringentes ou à base d’alcool, même transparentes ont, par contre, un très fort pouvoir tinctorial. Je vous laisse jeter un coup d'oeil à mes essais sur le rouge Turc.

A droite, mon essai de "rouge imitant parfaitement la nature", qui se fond sur la carnation des personnes. C'est également celui que je portais à Champs sur Marne et Sèvres.

Enfin, je n'ai pas encore évoqué le rouge en poudre dont parle Caron: à base de cochenille et talc, il le décline en 10 tons, du plus clair au plus foncé, afin de s'adapter aux carnations de ses clientes, mais également de la lumière du jour et de la période de la journée. En ce qui me concerne, j'ai obtenu plutôt un parme très clair, rosé plutôt qu'un rose franc. Peut-être est-ce dû à mon broyage ou à mes cochenilles (qui ont portant bien donné du rouge avec d'autres recettes).

Sachez également que si vous souhaitez réaliser ces recettes à la maison, la cochenille est déconseillée en application directe sur la peau (elle risque de causer de fortes irritations et des allergies). En ce qui me concerne, c'était juste à titre expérimental!


mardi 14 juillet 2015

Tests comparatif des rouges

J'ai décidé de comparer les différentes matières colorantes de rouge selon chaque type de recette du XVIIIe.

La recette ici retenue est le rouge dit Turc, qui est liquide. C'est une recette que l'on trouve chez de nombreux auteurs, avec très peu de différences: Nicolas de Blégny Secrets concernant la beauté et la santé. Tome premier Paris : Laurent d'Houry et Veuve de Denis Nion, 16889-89, Pierre Buc'hoz, La Toilette de Flore, Paris: 1771, etc.

 Voici ce que j'en ai conclu:

10gr. de Rouge  Rouge Turc   
Ingrédients
%
gr
Phase Aqueuse
     - Bois du Brésil en poudre
5,5
0,55
     - Vinaigre blanc
88,7
8,87
     - Eau de  rose avec gomme d'adragante
5,4
0,54
Ajouts
     - Alun
0,4
0,04



Faire bouillir à petit feu rouge+vinaigre pour réduire de deux tiers. Filtrer.

Ajouter l’alun et l’eau de rose avec la gomme adragante.


Buch'oz indiquant que l'on peut remplacer le Bois du Brésil par de la cochenille ou du bois de santal rouge, j'ai eu envie de tester avec ces ingrédients mais également d'autres, utilisés soit plus tard, soit par d'autres pays (coquelicot, hibiscus) et surtout avec la star des colorants cosmétiques rouge du XVIIIe siècle, l'orcanette.



Test sur le bras et le papier:
1. Bois de santal: Je n'ai pas pu filtrer ma version au bois de Santal cr je l'ai trop réduite et étant devenue pâteuse, elle ne passait plus à travers le filtre! Le résultat est du coup un peu faussé.
2. Bois du Brésil: c'est l'ingrédient originel. Très foncé, il semble avoir éclaircit. Peut-être à diluer?
3. Cochenille: merveilleuse couleur dans le flacon rouge mais vire au brun sur mon bras et carrément au noir sur le papier! Portant, c'est ce qui reste le plus longtemps, même après avoir rincé, j'ai encore la trace rouge-brune!
4. Orcanette: très peu coloré, tirant au brun. La mixture a produit des mucilages (en même temps, c'est une plante!).
5. Coquelicot: Très beau rouge, semble virer au brun à cause de l'alun Très jolie couleur dans le pot et sur ma peau mais ne reste pas.  Vire au bleu-gris sur le papier. A également produit des mucilages.
6. Hibiscus: Le plus rose et très jolie couleur (sur mon bras, même remarque que le coquelicot), vire petit à petit au bleu sur le papier.




J'ai également fait d'autres tests  à l'échelle échantillon des différents types  de recette de rouge (seule me manque la recette au raisin, mais ce n'est pas encore de saison!). Vous verrez les résultats à Champs-sur-Marne dimanche si vous êtes présents.
Je posterai peut-être des photos s'il m'en reste.

Mes conclusions sur les tests de recette de rouge (gras, liquide et poudre):


Ce que j'ai appris sur les rouges avec ces expériences, c'est qu'en général, un rouge gras ne teinte pas ou très peu. Pour avoir un rouge tenace, il faut qu'ils soit astringents, à base de vinaigre ou d'alcool. Les recettes de rouges indiquées dans les manuels d'époque sont d'ailleurs souvent liquide, il y a toutefois une recette de rouge gras liquide mais je ne suis pas en mesure de la tester car il faut faire macérer les pigments dans une pâte d'amande broyée puis en extraire l'huile par pression à froid.
On en trouve également en poudre, chez Auguste Caron (à base de cochenille et talc, à différentes proportions pour obtenir différents tons).
Les recettes de rouges gras (qui finalement sont peu présents dans les manuels) sont en fait des recettes de pommade pour les lèvres (gercées ou pas) à laquelle on donne une jolie teinte rose/rouge avec de l'orcanette.

lundi 13 juillet 2015

Les ingrédients des fards: les rouges

Avant de me pencher sur des tests de recette de rouge, je voudrais revenir sur les matières colorantes rouges qui étaient utilisées et celles que j'ai ajoutées à mes tests:


 Les attestés:

1. Bois de santal rouge:  C'est un bois que l'on trouve en Inde, au Népal, en Australie. . réduit en poudre, il est rouge orangée et sent très bon (il peut servir d'encens).

2. Bois du Brésil: Il est également appelée Pernambouc. Protégé, il est difficile à trouvé (mais ça ne veut pas dire que c'est interdit, c'est juste contrôlé par le CITES). Le mien est très foncé, presque noir.
Il est également utilisé comme plante tinctoriale textile.


3. Cochenille: L’acide carminique (C22H20O13) est un éther de couleur rouge présent naturellement chez la cochenille. Cet insecte parasite produit l'acide pour se protéger des prédateurs. L'acide carminique est l'agent colorant du carmin.Le carmin peut être à ce titre synthétique ou naturel (par les cochenilles séchées et réduites en poudre). C'est le moment polémique du billet! Le carmin est interdit aux Etats Unis dans l'alimentation au titre qu'il augmenterait le risque d'hyper-activité chez les enfants.  Il n'est pas interdit en Europe, mais reste à savoir si on utilise la version synthétique (pour les cosmétiques) ou la version bestioles parasites écrasées (pour l'industrie alimentaire) ... Berk!

Pour ma part, j'ai fait la version trash: j'a acheté des cochenilles entières sèches. Ca m'a dégoûtée au début puis je m'y suis faite. Je voulais juste faire des tests de couleurs, je ne les utiliseraient pas pour des fards "utilitaires". Surtout que la cochenille aurait un potentiel allergisant.


4. Orcanette: J'ai longtemps fait des recherches parce qu'il semble qu'il y a des confusions, même à l'époque. Les auteurs parlent parfois de buglosse ou anchusa. Bref, la taxinomie des plantes, toute une histoire! ;-) Il s'agit bien de l'orcanette des teinturiers. Ce qui me chiffonnait c'est qu'elle est très utilisée au XVIIIe et encore aujourd'hui dans les baumes à lèvres bio aux Etats Unis alors qu'elle fait partie de la liste II de la pharmacopée française. C'est à dire qu'en ingestion, les effets secondaires sont plus importants que les bienfaits. Après avoir réfléchis longtemps, je me suis dit que que j'allais quand même la tester et que les doses ingérées via la pommade à lèvres seront plus que minimes (parce que non seulement je filtre mais en plus, ça n'est pas pire que les colorants chimiques des rouges à lèvres modernes!).

Les supposés:

5. Coquelicot: Il est utilisé dans le aker-fassi avec parfois de la grenade. C'est un rouge portée par les femmes berbères. Il a l'avantage de teindre les lèvres et de les adoucir. Par contre, la couleur rouge ne migre pas dans les substances grasses. Ou alors il faudra le rajouter en poudre à votre baume, sans le filtrer.


6. Hibiscus: cette jolie plante à fleurs rouges, rose ou bleues, a des vertus médicinales, cosmétiques et culinaires. Elle sert aussi bien à faire de bonnes infusions, le bissap. Comme le coquelicot, elle n'aime pas trop l'huile.

7. L'oxyde rouge: il est contenu dans l'ocre rouge, un des premiers "fards" utilisés (on en a retrouvé dans des tombes néolithiques). Très colorant mais contrairement à ces confrères cités plus haut, il colorie dans la masse, sans laisser de transparence (ça peut être un atout)  et il est du côté des orangés, tandis que les autres tirent vers le rose, le pourpre.

jeudi 12 mars 2015

Les cosmétiques: les ingrédients


Encyclopédie Méthodique, Arts et métiers mécaniques de Jacques Lacombe, 1782-1791, Paris: Panckoucke, Tome 6, Art du Parfumeur.

Depuis quelques temps, je m'intéresse aux cosmétiques anciens et du XVIIIe principalement. J'ai d'abord essayer de recréer le look XVIIIe avec des produits modernes, puis j'ai lu le livre de Catherine Lanoe, La Poudre et le fard (paru en 2008, mais vous pouvez lire d'autres articles en cliquant ici ) puis le blog d'Elisa, Madame Isis' Toilette. Et puis j'ai commencé à faire mes propres cosmétiques pour la vie de tous les jours, y compris certains articles de maquillage.
Bref, j'ai eu envie de me lancer dans l'expérimentation des cosmétiques XVIIIe et pour ça, je suis repartie aux sources, les recueils de l'époque.


J'en ai retenu:

*Bourgeois, Louise. Recueil des secrets... auquel sont contenues ses plus rares experiences pour diverses maladies, principalement des femmes, avec leurs embellissemens, Paris : Jean Dehoury, 1653.

* Blégny, Nicolas de. Secrets concernant la beauté et la santé.  Paris : Laurent d'Houry et Veuve de Denis Nion, 1688-89. Tome 1 et 2

*Le parfumeur royal ou traité des parfums : des plus beaux secrets qui entrent dans leur composition A Paris: au Palais, chez Saugrain l'aîné, 1761.

* Buc'hoz, Pierre-Joseph. Toilette de flore ou essai sur les plantes et les fleurs qui peuvent servir d'ornement aux dames ,Paris : Valade, 1771.

* Fargeon , D. J.. L'Art du parfumeur, Paris : Delalain fils, 1801.

Tous ces ouvrages sont disponibles en ligne sur Gallica, ainsi que l'Encyclopédie Méthodique, Arts et métiers mécaniques de Jacques Lacombe, 1782-1791, Paris: Panckoucke et l'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers. de Diderot et d'Alembert (1751-1765).


Je vais m'intéresser dans une série de billets tout d'abord au rouge, puis un peu au fard blanc et enfin aux cosmétiques pour les cheveux. J'ai décidé de faire une série de tests comparatifs des différentes recettes, mais j'y reviendrai plus tard.

Pour le moment, je vais me pencher sur les ingrédients et les substituts que j'ai décidé d'employer. J'ai dressé une liste d'ingrédients revenant souvent dans les recueils, j'en ai cherché les définitions dans les ouvrages de l'époque et dans la pharmacopée actuelle.

Alun de roche (en poudre) ou alun de potassium : décrit comme un sel cristallisable dans L'Encyclopédie Méthodique de Jacques Lacombe, 1781 est un sel double soluble dans l'eau. C'est un minéral présent naturellement dans diverses régions du monde, telles la Syrie et le Maroc autrefois. Il est très utilisé en teinture comme mordant, dans l'industrie du cuir mais également en cosmétique, pour ses qualités astringentes, antibactériennes et hémostatiques. Il peut être utilisé sur les aisselles humides comme déodorant ou après le rasage.
A ne pas confondre avec l'ammonium alun, synthétique et réputé nocif.
On le trouve facilement dans les pharmacies, magasins bio.

 Poudre d'alun.

Amande douce ou amère (huile): issue du fruit de l'amandier, l'amande amère est un poison en interne, je l'ai directement écartée pour ne retenir que l'huile d'amande douce. Très utilisée depuis l'Antiquité pour ces propriétés adoucissantes, hydratantes et anti-inflammatoires (elle est recommandée en cas d’eczéma, peau sèche et irritée), elle se trouve très facilement.

Beurre frais: oui oui, c'est bien du beurre de lait de vache. En tant que corps gras, il a les mêmes propriétés qu'une huile: nourrissant et émollient. J'hésite encore à utiliser du "vrai" beurre bio, de baratte ou du beurre de coco...


Blanc de baleine ou spermaceti ou sperme de baleine: substance huileuse issue de la tête du cachalot. 
Au-dessus de 30 °C, le spermaceti est liquide. Il se cristallise petit à petit jusqu'à 0 °C, d'abord en se troublant, puis en une masse à larges lames entre-croisées. Il était très utilisé en cosmétique, notamment pour les rouges à lèvres. Évidemment, il est hors de question de chercher à s'en procurer vue sa provenance (la chasse au cachalot a été interdite en 1982). Un substitut possible est l'ester  de jojoba  ou cetyl ester. Je ne sais pas si je vais acheter de la cire de jojoba ou utiliser de l'huile de coco (aussi solide à température ambiante), il faut que je vérifie les propriétés de chacune.

Pot Besançon ou Franche Comté XVIIIe s. Inscription : Blanc de Baleine
Photo Bzoura 2009
©


Cire d’abeille blanche: c'est une cire filtrée et purifiée, contrairement à la cire jaune. Egalement utilisée depuis l'Antiquité, elle permet de durcir les huiles et baumes. Elle rentre dans la composition du cérat de Gallien. Ses propriétés  filmogènes (c'est à dire laissant un film protecteur) en font un ingrédient très intéressant pour les lèvres. Elle est également utilisée pour faire des bougies.
Cire d'abeille blanche, en petites pastilles (plus facile à doser).

Eau de rose, de fleur d’oranger: ou encore hydrolat, ce sont des sous-produits issus de la distillation de plantes (ici des roses et de fleurs de l'oranger amer) pour extraire les huiles essentielles desdites plantes. En fait, c'est l'eau qui va servir à la distillation, elle est donc très légèrement chargée en molécules de ces essences. L'eau de rose et de fleur d'orange servent à la fois en cuisine et en cosmétique. L'eau de rose est rafraîchissante, adoucissante et a un effet légèrement tenseur, l'eau de fleur d'oranger est plus adapté pour les peaux sèches.

Fleur d'oranger et rose de damas.


Eau de vie: le Dictionnaire de l'Encyclopédie indique qu'il s'agit d'une liqueur forte tirée du vin par distillation ou de cidre. Etant donné que l'ont peut faire de l'eau de vie d'à peu près n'importe quoi, j'ai décidé de travaillé avec de l'alcool bio à 96°C.

Gomme d’adragante:elle est obtenue à partir de la sève d'Astragalus gummifer, un petit arbre poussant principalement en Iran, en Turquie et en Syrie. C'est un gélifiant naturel aussi utilisé en cuisine et dans l'industrie textile. Elle peut se présenter sous forme de "cristaux" ou de poudre (celle que j'ai acheté est en poudre).

Gomme adragante "brute".


Miel: produit par les abeilles, il est très bon pour la peau car c'est un très bon hydratant et protecteur. Il est antibactérien et cicatrisant. Je l'utilise déjà dans mes cosmétiques de la vie de tous les jours (et en pâtisserie!).

Myrrhe: une gomme-résine aromatique produite par l'Arbre à myrrhe (c'est sa sève séchée). Elle est utilisée depuis la haute antiquité pour de nombreuses propriétés (cicatrisante, antiparasitaire, antivirale, anti inflammatoire) et elle est utilisée comme de l'encens pour sa bonne odeur. Elle était à la fois utilisée dans les cosmétiques et les parfums. Elle n'est pas sensée être soluble dans l'huile (ni dans l'eau), mais on va tester avec les recettes!
Encyclopédie Méthodique, Arts et métiers mécaniques de Jacques Lacombe, 1782-1791, Paris: Panckoucke, Tome 6, Art du Parfumeur.

La résine de myrrhe que j'ai achetée.


Talc: est une espèce minérale composée de silicate de magnésium. Il est utilisé dans de nombreux domaines. Très utilisé en cosmétique comme support ou pour éviter les échauffements, la transpiration. J'ai acheté un talc spécialement conçu pour les cosmétiques.
 
Vin rouge: c'est un alcool, entre autres, plein de tanins (donc colorants et anti-oxydant) et de polyphénols également anti-oxydants qui  améliorent la micro-circulation cutanée et ont un effet apaisant. Il a un effet anti-microbien.


Vinaigre : c'est un liquide acide, obtenu à partir de différents alcools (vin, cidre, alcool distillé). Grâce à ses qualités antiseptiques, le vinaigre était utilisé pour "purifier" l'eau et se laver avec un linge, de la façon dont on pratiquerait une toilette de chat aujourd'hui. Le vinaigre (de différentes plantes) peut être utilisé pour se laver le visage, se rincer les cheveux pour refermer les écailles, les rendre brillants, traiter le cuir chevelu et rétablir le PH.